Description de l'Ankou - texte d'Emile Souvestre, Le Foyer Breton 1844

On dépeint l’Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre, tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu’une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’œil toute la région qu’il a mission de parcourir.

Dans l’un et l’autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu’elle a le tranchant tournée en dehors. Aussi l’Ankou ne la ramène-t-il pas à lui, quand il fauche.

Le char de l’Ankou (« karrik » ou « karriguel ann Ankou ») est fait à peu près comme les charrettes dans lesquelles on transportait autrefois les morts. Il est traîné d’ordinaire par deux chevaux attelés en flèche. Celui de devant est maigre, efflanqué, se tient à peine sur ses jambes. Celui du limon est gras, a le poil luisant, est franc du collier. L’Ankou se tient debout dans la charrette.