Extrait de "La légende de la mort chez les Bretons armoricains" - Texte d'Anatole Braz

Les intersignes annoncent la mort. Mais la personne à qui se manifeste l’intersigne est rarement celle que la mort menace. Si l’intersigne est aperçu le matin, c’est que l’événement annoncé doit se produire à bref délai (huit jours au plus). Si c’est le soir, l’échéance est plus lointaine, elle peut-être d’une année et même davantage.

Personne ne meurt sans que quelqu’un de ses proches, de ses amis ou de ses voisins n’en ait été prévenu par un intersigne. Les intersignes sont comme l’ombre, projetée en avant, de ce qui doit arriver.

Si nous étions moins préoccupés de ce que nous faisons ou de ce qui se fait autour de nous en ce monde, nous serions au courant de presque tout ce qui se passe dans l’autre. Les personnes qui nient les intersignes en ont autant que celles qui en ont le plus. Elles les nient uniquement parce qu’elles ne savent ni les voir, ni les entendre.